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Kyoto, une erreur par Simon Letendre
Cette déclaration choc a été prononcée par Stephen Harper à une semaine de l’ouverture de la Conférence sur les changements climatiques qui s’est tenue à Bali en décembre dernier. Venant d’un homme qui a déjà qualifié le protocole de Kyoto de «complot socialiste», il n’y a pas de quoi s’étonner.
Selon le premier ministre, la principale lacune de ce traité est qu’il ne fixe pas de cibles contraignantes aux plus gros pollueurs, comme la Chine, les États-Unis et l’Inde. D’après lui, il faudrait donc effacer l’ardoise et repartir à zéro. Autrement dit, il faudrait se croiser les bras tout en ignorant les efforts consentis jusqu’ici par les pays signataires qui, à la différence du Canada, ont rempli leurs engagements.
À cette annonce, les partis d’opposition, libéraux en tête, ont sauté sur l’occasion, qualifiant les conservateurs d’irresponsables, de saboteurs et même de criminels. Pourtant, si vous vous rappelez bien, Stéphane Dion, qui était ministre de l’Environnement sous le gouvernement Martin, n’avait pas fait grand-chose pour permettre au Canada de remplir ses objectifs de réduction des émissions de gaz à effets de serre.
Évidemment, on nous a présenté toutes sortes de plans verts et d’autres programmes volontaires, comme le «Défi d’une tonne», mais en dépit de ces écrans de fumée, nos rejets polluants ont continué à augmenter.
Nos politiciens ne semblent pas comprendre qu’il y a urgence, qu’ils doivent trouver des moyens originaux de lutter contre la hausse des températures, sans quoi la planète que nous léguerons aux générations futures sera invivable.
MES SEPT SOLUTIONS
Pour ma part, en grand naïf que je suis, je préfère croire que c’est par manque d’imagination que nos hommes politiques n’ont encore rien fait qui vaille dans ce dossier. N’écoutant que mon sens de l’implication, j’ai pensé à sept solutions qui pourraient être mises en application dès maintenant pour combattre le réchauffement climatique. Vous les trouverez peut-être un peu loufoques – au moment d’écrire ces lignes, je suis en fin de session après tout – mais je me suis dit que les scientifiques du GIEC trouveraient sûrement une façon de les adapter si elles posaient problème.
Solution 1: Ne pas ramasser la neige après les tempêtes. Voilà une manière efficace et peu coûteuse de réduire la circulation automobile. En plus, avec les économies réalisées on pourrait améliorer les services de transport en commun. En effet, à elle seule, la bordée du début décembre nous a coûté plus de 15 millions de dollars en déneigement.
Solution 2: Confier la gestion des forêts aux Premières Nations. Si les Amérindiens sont si près de la nature qu’ils le prétendent, ils couperont certainement moins d’arbres qu’Abitibi- Bowater, Domtar et Kruger réunis. Nos forêts pourront donc continuer à emmagasiner du dioxyde de carbone et l’effet de serre s’en trouvera diminué. En plus, cela améliorerait nos relations avec les Autochtones.
Solution 3: Étendre de grandes toiles blanches au-dessus de la Baie d’Hudson et de la Baie James pour simuler la présence de banquise. Il paraît que la banquise, à cause de sa couleur, réfléchit la lumière et empêche ainsi l’eau d’absorber la chaleur du soleil. Il faudrait seulement installer des panneaux d’avertissement à l’attention des ours polaires, afin qu’ils ne percent pas les toiles en s’aventurant dessus.
Solution 4: Convertir les sables bitumineux en réserves écologiques. De cette façon, l’exploitation pétrolière cesserait, l’Alberta arrêterait de critiquer le système de péréquation et le Canada se rapprocherait de ses objectifs en matière d’aires protégées.
Solution 5: Transformer le stade olympique en habitations à loyer modique. Beaucoup d’étudiants et de jeunes familles sont forcés de s’exiler en banlieue à cause de la crise du logement. En créant des centaines d’appartements abordables sur l’île, on réduirait d’autant le nombre de voitures sur nos routes puisque ces gens n’auraient plus à traverser les ponts deux fois par jour pour aller étudier ou travailler. Du même coup, on se débarrasserait du stade, cet éléphant blanc dont plus personne ne veut.
Solution 6: Munir les camions frigorifiques de toits ouvrants. Voici un autre moyen intelligent et moderne de lutter contre la hausse des températures sans modifier notre mode de vie.
Solution 7: Interdire à nos politiciens d’utiliser les jets du gouvernement si c’est pour leur permettre d’aller vilipender le protocole de Kyoto dans des conférences internationales qui tentent de créer un consensus autour de VRAIES solutions au réchauffement planétaire. ■
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