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Les aventures du Chevalier Bayard par Louis Lesage
Le Chevalier Bayard «sans peur et sans reproche», un héros des bandes dessinées de mes années d’enfance, est devenu un guerrier international important dans le monde de l’édition de livres, de magazines et de disques. Au Québec, le vaillant chevalier avance à petit pas mais avec détermination.
Avec un chiffre d’affaires de 423 millions d’euros (près de 665 millions de dollars canadiens NDLR), le groupe français présent dans 16 pays différents, dont les États-Unis, l’Italie, l’Allemagne, la Belgique et le Canada, se consacre à l’édition religieuse, à la littérature jeunesse et aux publications pour les aînés. Bayard Presse continue de faire des percées même si l’entreprise, comme tous les groupes médiatiques, est aussi secouée par la crise financière et économique doublée de bouleversements technologiques sans précédents.
En France, le groupe est le quatrième joueur dans le secteur des publications. Les Augustins de l’Assomption sont les éditeurs et seuls propriétaires de la société qu’ils ont fondée en 1873 sous un nom différent: la Maison de la Bonne Presse. La communauté religieuse a aussi pignon sur rue à Sillery où elle anime un centre de spiritualité et de réflexion, le Montmartre.
UNE ACQUISITION QUI BAT DE L’AILE
Bayard Canada, avec un chiffre d’affaires de 25 millions de dollars, publie Bel Âge magazine en partenariat avec Transcontinental. Il édite également Les Débrouillards et Les Explorateurs, pour les jeunes. La société Bayard Canada a complété l’an dernier l’acquisition de la marque Novalis qui avait toujours des liens avec l’Université Saint-Paul, dirigée par les Oblats d’Ottawa. Cette transaction lui donne maintenant les droits éditoriaux sur toutes les publications de Novalis, dont les éditions française et québécoise du Prions en Église et le Living with Christ publié au Canada et aux États-Unis.
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L’édition du dimanche du Prions a déjà dépassé les 700 000 exemplaires mais a chuté à 225 000. En France, l’édition est tirée mensuellement à 500 000 copies. C’est quand même respectable pour une publication hebdomadaire mais Bayard estime que celle-ci bat de l’aile et qu’il faut enrichir et développer le contenu du petit livret connu de tous les catholiques québécois. Bayard vient aussi de relancer une nouvelle revue spirituelle, L’aventure intérieure, et renouvellera le Prions.
LA CROIX CHEZ NOUS
Il faut signaler l’arrivée à peine remarquée sur le marché québécois de son navire amiral: le quotidien La Croix. Chez quelques marchands de journaux et dans quelques librairies, on peut acheter le journal le jour même de sa publication. Le journal La Croix a une longue histoire. Fondée en 1883, la publication catholique déjà liée fortement à la droite est devenue, au fil des ans, un quotidien fort respecté de centre gauche et d’une très bonne tenue journalistique. Il livre tous les jours l’essentiel de l’information générale et bien évidemment accorde aussi une place de choix à l’actualité et aux dossiers religieux.
Un de ses lecteurs quotidiens québécois qui se définit comme «un agnostique de tradition catholique», et qui parcourt les principaux quotidiens français et québécois me disait que La Croix parle à un Québécois plus que n’importe quel autre journal: «C’est le seul journal qui permet de retrouver à la moderne la religion de mon enfance en donnant une place de façon intelligente à la spiritualité et aux valeurs spirituelles au sens large.» C’est un domaine d’ailleurs où les grands médias québécois ont reconstruit à leur façon une grande noirceur.
En France, La Croix a plus de 90 000 abonnés et continue sa croissance. Plus de 30 % de nouveaux lecteurs en 10 ans. Au Québec, c’est encore minime. Quelques dizaines d’acheteurs et d’abonnés quotidiens, mais il ne faut pas oublier que c’est l’Internet qui est la meilleure voie d’accès au journal des Assomptionnistes. L’équipe du journal a déjà envisagé des collaborations québécoises qui soient plus soutenues mais, pour le moment, c’est partie remise. Le Chevalier Bayard va-il s’arrêter là? Devant la fragilisation de l’ensemble de la presse religieuse québécoise et malgré les pertes financières encaissées aussi par Bayard, le Chevalier pressera-t-il le pas pour renforcer sa présence en terre canadienne? |